Le Temps des Revelations

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Le conclave du 12 mars 2013

 
En dépit de la nécessité d’élire un successeur rapidement et de préférence avant les fêtes pascales, les 115 Cardinaux convoqués ont pris le temps de la réflexion et de la discussion avant de fixer la date de tenue du Conclave.

 Encore plus qu'à l'occasion des élections précédentes, les considérations théologiques se sont mêlées aux considérations politiques et politiciennes.
 
L'élection du nouveau Pape a suscité un vrai débat sur la nécessaire réforme de l'Eglise, de son mode de fonctionnement, de sa représentativité, de son rôle dans la société, de sa position face à la modernité et face aux avancées de l'Islam.
 
En même temps cette élection a réveillé les aspirations géographiques d'une partie des membres de l'Église catholique à travers le monde.

 Après des siècles de Papes italiens et un 20ème siècle qui a vu se succéder au trône de St Pierre, un Pape polonais et un Pape allemand, les églises d'Amérique Latine, d'Asie et d'Afrique entendaient bien faire valoir leurs prétentions et leurs aspirations, tandis que la curie romaine espérait une main-mise totale par le retour à un Pape italien.


 
L'Afrique compte plus de 185 millions de catholiques, ce qui représente près de 16% de la population du continent, contre seulement 1% au début du 20ème siècle.
Terre de prédication, sur laquelle l'œuvre d'évangélisation de l'Église a été la plus réussie (la République Démocratique du Congo est l'un des pays comptant le plus de catholique au monde), l'Afrique aspire à l'élection d'un Pape noir issu de ses terres.
 
Les Cardinaux Robert Sarah, Archevêque de Conakry en Guinée, Peter Kodwo Appiah Turkson, du Ghana, John Onalyekan d'Abuja au Nigeria, étaient ainsi pressentis pour cette élection. 

Nonobstant cependant l'importance de la communauté catholique d'Afrique noire sur la cartographie ecclésiastique mondiale, les considérations politiques et culturelles qui président à l'élection papale, rendent à ce jour toujours impossible l'élection d'un Pape noir africain.
 
Le résultat des votes du Conclave l’a confirmé.
 
L'Église d'Amérique du Nord, avec ses 88 millions de fidèles, soit 25 % de la population, affirmait également sa position et aspirait à jouer un rôle important dans l'élection. L'archevêque canadien Marc Ouellet et l'archevêque de Boston Sean Patrick O'Malley, étaient d’ailleurs parmis les favoris à l’élection.
 
Toutefois, secouée par de lourdes affaires de pédophilie, l'Église catholique américaine a perdu la confiance d'une partie de ses fidèles. À titre d’illustration, l’Archidiocèse de Los Angeles vient d’accepter le paiement d’une somme de 10 Millions de dollars pour l’indemnisation des victimes d’actes et attouchements pédophiles qui auraient été couverts pendant des années par l’Archevêque californien Roger Mahoni !
 
En dépit des rumeurs favorables, l'élection d'un Pape américain et plus particulièrement états-unien apparaissait finalement avant le Conclave, comme très peu envisageable.
 
Quant aux églises d'Asie, leur jeunesse et leur faible représentativité rendent peu probable l'élection d'un Pape asiatique. Avec seulement 132 millions de fidèles, le catholicisme ne représente que 3% de la population asiatique, dont l'essentiel  est principalement concentré aux Philippines avec près de 76 millions de fidèles.

Le choix d'un Pape sud-américain s’avérait à l’inverse nettement plus envisageable, et ce à plus d'un titre. Le continent sud-américain porte en effet à lui seul 432 millions de catholiques, dont 133 millions au Brésil et 96 millions au Mexique.

 
Alors que le catholicisme est en réel déclin en Europe occidentale (l’Europe compte près de 261 millions de fidèles), que le catholicisme américain est minoritaire et fortement critiqué aux États Unis, que le catholicisme africain est confronté au prosélytisme de l'Islam, le catholicisme d'Amérique Latine est quant à lui rayonnant. Près de 40% des catholiques de la planète vivent sur le continent sud-américain !

 Au brésil, certains prêtres catholiques sont de véritables stars, se produisent en concert et remplissent des stades de football. L'œuvre d'évangélisation est particulièrement active au sein du clergé brésilien.

 
Pour autant, la théorie de la Libération autour de laquelle une partie de l'Église sud-américaine a bâtie son idéologie, bien que quelque peu délaissée par certains prétendants à la fonction papale tels que Monseigneur Odilo Pedro Scherer, a constitué à l’occasion des derniers conclaves un frein politique à l'élection d'un Pape issu de ce continent.
 
C’est à la lumière de ces enjeux, de ces influences, que s’est réuni le Conclave le Mardi 12 Mars 2013, dans le courant de l’après-midi, réunissant les 115 Cardinaux, appelés à exprimer à bulletin secret, leur vote, en deux séances quotidiennes de vote à deux tours.
 
L'élection, à cette occasion, du Pape François sera l'objet du prochain article.

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