Le Temps des Revelations

Coup de coeur :

Si les philosophies bouddhistes et indouistes enseignent le principe de la Transmigration des Ames et de la Réincarnation, les trois grandes religions monothéistes consacrent la croyance en la Résurrection des hommes, à la Fin des Temps, à la faveur d’une démonstration universelle de la Toute-Puissance divine.
 
Si l’on retient cette hypothèse d’une résurrection future, à l’occasion de laquelle les hommes devront être jugés et rétribués selon leurs mérites, la question du sort de l’homme et de son âme (en admettant le principe de son existence) pendant la mort se pose avec une acuité toute particulière.
 
Certaines communautés chrétiennes, telles que les Témoins de Jéhovah par exemple, enseignent que l’âme n’existerait pas distinctement du corps et qu’elle demeurerait donc dans le sein de Dieu, inerte, inconsciente, jusqu’au jour de l’appel à la Résurrection.
 
Les théologiens catholiques, qui ont toujours prôné la foi en la Résurrection, ont cependant admis que l’âme pouvait séjourner, à la suite de la mort du corps physique, dans des lieux célestes prévus à cet effet auxquels l’Eglise a donné les noms de Paradis, d’Enfer et de Purgatoire.
 
Les textes religieux semblent néanmoins différer des croyances qui leur sont généralement associées : on y trouve ainsi nulle trace de purgatoire, d’une vie consciente et active de l’âme ou d’une hypothétique interaction avec le monde des vivants.
 
Bien au contraire, la mort semble être définie comme un lieu de repos dans lequel l’esprit de l’homme demeurerait inactif (mais ce qui ne signifie pas pour autant sans vie) :
 
ANCIEN TESTAMENT :
 
« Les vivants en effet se rendent compte qu’ils mourront, mais quant aux morts, ils ne se rendent compte de rien du tout, ils n’ont plus de salaire. Leur amour et leur haine et leur jalousie ont déjà péri, et ils n’ont plus de portion, jusqu’à des temps indéfinis, dans tout ce qui doit se faire sous le soleil. » (Ecclésiaste 9 : 5-6)
 
« Tout ce que ta main trouve à faire, fais le avec ta vigueur, car il n’y a ni œuvre, ni combinaison, ni sagesse dans le Schéol, le lieu où tu vas. » (Ecclésiaste 9 :10 – A.T.)
 
« Son esprit sort, il retourne à la terre ; en ce jour périssent ses pensées. (Psaumes 146 :4) 
 
« Ils sont morts ; ils ne vivront pas. Sans forces dans la morts, ils ne se relèveront pas » (Esaïe 26 : 14) 
 
CORAN : 
 
« Toute âme subira la mort. Vous recevrez vos récompenses au jour de la résurrection. » (Coran 3 :182)
 
« Etres morts, dépourvus de vie, ils ne savent point quand ils seront ressuscités. » (Coran 16 :21-22)
 
À la lecture de ces différents versets, la mort semble ainsi se définir comme un état d’inconscience, semblable au sommeil, dans lequel « périssent les pensées » actives, constructives et agissantes de l’homme.
 
Le « Schéol » apparaît quant à lui comme le lieu où résident les âmes en repos, dans l’attente du Jour de la Résurrection.
 
L’identification de l’état de l’âme après la mort terrestre avec celui de l’homme pendant son sommeil a été clairement posée par Jésus lui-même lorsque ce dernier fut appelé au chevet de son ami Lazare :
 
« Lazare notre ami, repose, mais je vais le tirer du sommeil. Les disciples lui dirent alors : Seigneur, s’il repose il retrouvera la santé. Or Jésus avait parlé de sa mort ; mais eux se figuraient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors Jésus leur dit franchement : Lazare est mort. » (Jean 11 :11-13)
 
La vision développée par le penseur chiite Mollah Sadrâ, dans l’Iran Safavide du 17ème siècle (cf Christian Jambet, « Mort et résurrection en islam », Editions Albin Michel – 2008), se rapproche très certainement le plus de l’enseignement proclamée par les Ecritures judéo-chrétiennes et par le Coran.
 
Pour le philosophe iranien, pendant la mort, l’âme configure en image sa propre essence, reprend les archétypes de sa vie matérielle et vit en sensations selon les prescriptions des lois religieuses : « si l’âme de l’homme mort est bienheureuse, elle configure ce qu’à prévu la loi sous une forme appropriée, en accord avec ce qu’elle avait cru du Paradis, des fleuves, des vergers (…) cela est la récompense de la tombe ».
 
C’est ainsi que le Mollah Sadrâ interprète l’un des hadiths du Prophète Muhammad (Mahomet) : « La tombe est soit un verger d’entre les vergers du Jardin, soit un gouffre d’entre les gouffres du Feu ».
 
La condition de l’homme et de l’âme pendant la mort serait donc semblable à celle de l’homme qui rêve, à la seule exception près que le rêve est le pure produit de l’imagination alors que pour le Mollah Sadrâ, les rêves et fantasmes produits par l’âme pendant la mort, ses plaisirs ou ses souffrances sont le reflet de la nature intrinsèque de l’âme selon son parcours sur terre.
 
Une âme mauvaise, celle de l’homme qui a pêché ou à vécu dans le vice, ou dans le meurtre, produira un environnement angoissant, effrayant, renvoyant à l’âme comme le miroir de ses turpitudes terrestres et des souffrances que son comportement terrestre a fait subir à ses semblables.
 
Débarrassée du filtre de ses sens physiques, l’âme perçoit alors ce qu’elle est au terme de son existence terrestre :
 
« L’âme se voit donc dans le corps enseveli, et elle ressent les douleurs qui l’accablent, les châtiments sensibles ou au contraire, elle s’imagine elle-même, ainsi que les conséquences de ses bonnes actions, de ses habitudes sans tache, de son obédience aux commandements divins, jouissant des jardins du Paradis, des parcs, des fleuves… » (page 61).
 
Et de préciser que « les angoisses de la tombe sont donc des évènements de l’imagination, perçus comme s’ils étaient vrais, quoiqu’ils ne soient qu’intérieurs à l’âme, comme le sont toutes les passions et les sentiments. (…) Le sens vrai du « châtiment de la tombe» est d’être un exercice de perception et une révélation des fautes morales qui ont constitué l’homme en sujet. » (page 63)

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