Le Temps des Revelations

Coup de coeur :

La vision des conditions de l’âme après la mort physique développée par le Mollah Sadrâ, exposée à l’article précédent, rejoint très singulièrement celle enseignée par le Bouddhisme au travers du Bardo-Thödoles (le Livre des Morts) s’agissant des étapes de la « vie intermédiaire ».
 
Cette communauté de description de l’état de conscience post-mortem est particulièrement intéressante en ce qu’il jette un premier pont entre le Bouddhisme et les trois révélations monothéistes.
 
Le cheminement de l’âme, que le livre des Morts ne désigne au demeurant pas sous ce vocable, peut se décrire selon le schéma suivant :
 
• l’homme meurt : son souffle de vie le quitte, s’échappant par le sommet de son crâne,
 
• son esprit, prenant la forme d’un corps mental dépourvu de toute substance mais reproduisant son ancienne apparence physique, erre alors dans un univers peuplé d’images, de couleurs, de sons, de dieux et de montres, qui sont exclusivement le produit de son propre esprit ;
 
Chacune des manifestations ont pour essence de mener l’esprit à reconnaître la Vérité et à accéder à l’état de Bouddha, c'est-à-dire de communion avec Dieu, et de lui permettre d’échapper au cycle des renaissances physiques.
 
Dans son ouvrage consacré à l’étude comparative des Livres de Morts Tibétains et Egyptiens (« Les Livres des morts », éditions Albin Michel), le théologien Jean Yves LELOUP rapporte l’une des paroles qui doivent être récitées par le Lama ou le maître spirituel du défunt, pour accompagner son esprit au cours de son voyage post-mortem :
 
« Noble fils, maintenant ton corps et ton esprit se séparent, la véritable apparence de la Vérité en Soi se montre pour toi subtile, claire, lumineuse, éclatante, impressionnante même, semblable au scintillement d’un mirage au dessus d’une plaine en été. Ne craint rien, ne t’effraie pas, n’aie pas peur. C’est le rayonnement de ta réalité même, reconnaît-le. Un puissant bruit retenti du centre de cette lumière. C’est le son de la Vérité en Soi, terrifiant et vibrant comme mille tonnerres. C’est le son propre à ta vérité-même. Tu n’as pas à le craindre. Ne t’effraie pas, n’aie pas peur ! Tu dispose de ce qu’on appelle le corps mental venu des tendances inconscientes de ton esprit. Comme tu n’a plus de corps de chair, et de sang, tu n’as rien à craindre des sons, de la lumière et des rayonnements qui te parviennent puisque tu ne peux mourir. Il te faut seulement les reconnaître comme les manifestations de tes propres projections. Sache que c’est le bardo. Ainsi, ô noble fils, si tu ne reconnais pas tout ceci comme tes propres projections, quelles qu’aient été les pratiques que tu as accomplies de ton vivant parmi les hommes, si tu ne rencontres pas ces enseignements, tu auras peur des lumières, tu seras effrayé par les sons et terrifié par les rayonnements. Si tu ne connais pas la clef des instructions, tu ne reconnaîtras pas les sons, les lumières et les rayonnements et tu erreras dans le cycle des existences ».
 
Le Bardo-Thodol décrit alors la vision des divinités paisibles et courroucées auquel l’esprit est confronté, précisant que toutes ne sont que le produit de son inconscient et ne tendent qu’à favoriser sa libération, en dépit de l’aspect effrayant de certaines divinités :
 
« Noble fils, n’aie donc aucune peur des très hautes divinités paisibles et courroucées, même si elles sont grandes et vastes comme le ciel. N’aie aucune peur des divinités moyennes semblables au Mont Merou, n’aie aucune peur des plus petites, même si elles sont dix huit fois plus grandes que ton propre corps. Tous les phénomènes ou possibilités de manifestation t’apparaîtront sous la forme des corps des divinités et des lumières, reconnais-les comme étant l’irradiation de ton propre esprit. Tout ce qui est tes propres corps, tes propres lumières, tes propres irradiations, se fondront pour n’être plus qu’un et tu seras Bouddha… »
 
« O noble fils, ne crains rien lorsque cela t’apparaît. Puisque tu es un corps mental produit de tes tendances inconscientes, tu ne peux mourir en réalité, même si on te tue ou te hache en morceaux. En réalité, ta forme n’est que vacuité de sorte que tu n’as rien à craindre. Et puisque les émissaires de la mort sont également tes propres projections, il n’existe en elles aucune réalité matérielle. Et la vacuité ne peut blesser la vacuité ! »

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